mardi 30 mars 2010

Bariloche - 28 mars au 1er avril 2010

Le trajet entre Los Antiguos et Bariloche (ou San Carlos de Bariloche) a ete épouvantablement long. On est parti le 28 mars a 15h et on est arrive le 29 a 18h... On était censé arrive le 29 a 8h du matin -ce qui n est déjà pas si mal- mais le bus est tombe en panne en pleine nuit en plein milieu de la steppe... On s est arrete des heures, les chauffeurs sous le bus, plus de suspensions. Il faut dire que la route -toujours la mythique Ruta 40, on s en rappellera !!!- était encore une piste de sable et de graviers... On a réussi a redémarre et le bus a roule a la vitesse de l escargot jusqu’à a la petite ville d Esquel. La on a attendu qu un autre bus nous récupéré pour faire les 300 km restants. On a attendu le bus en question de 8h du matin a 13h et on est enfin arrive a Bariloche a 18h. Une belle journée de perdue et beaucoup d agacement....
On a eu l info trop tard mais ce que l on aurait du faire c est remonter cette portion par le Chili car les paysages sont beaucoup plus beaux. Car entre Los Antiguos et Esquel, la Patagonie argentine est vraiment monotone, très aride car il pleut très peu compare a la Patagonie chilienne beaucoup plus belle. Il aurait fallu passer la frontière a Los Antiguos et Chile Chico cote chilien, prendre la route australe et alterner route et ferry avant de repasser en Argentine au niveau d Esquel. A partir d Esquel le paysage change et la steppe fait place de nouveau a des paysages de montagnes et de lacs.

Bariloche est situe a l intérieur du Parc National Nahuel Huapi et sur les rives du lac du même nom. La ville n a pas de charme particulier, seul sa place centrale, avec de petits bâtiments en bois et en pierre a des airs de village suisse. Le reste est plutôt quelconque mais les deux rues principales parallèles au lac sont très commerçantes et plutôt agréables. On est loin des charmes de l habitat chilien. Le décor autour de Bariloche est en revanche très beau : le lac Nahuel Huapi et ses iles dont la plus grande est l ile Victoria, des "bras de lacs", et plusieurs Cerros (sommets) auxquels on accédé en téléphérique et/ou télésiège. En particulier on est monte au Cerro Catedral (a 1900 m seulement) au sommet duquel la vue sur les lacs Nahuel Huapi et Gutierrez est splendide ainsi que sur les sommets de la Cordillère avec le volcan Tronador (3478 m). Villa Catedral, d ou part le téléphérique pour monter au Cerro, est d ailleurs la plus grande station de ski d Amérique du Sud. Et ca fait bizarre de penser que la saison du ski s étend ici de mi mai a fin septembre. Il y a pas mal de circuits ou l on peut randonner de refuge en refuge a partir des Cerros.
On est allé visiter la péninsule de Llao Llao situee au cœur du Parc Nahuel Huapi a 25 km a l Est de Bariloche. Un bon réseau de bus la dessert. Malheureusement il a plu a verses toute la journée et on s est fait tremper de la tete aux pieds. On n a pas pu monter non plus au Cerro Campanario d ou il est dit qu on a l une des plus belles vues du monde... Il faudra qu on revienne, c est sur pour voir tout ce qu on n a pas pu voir !




Nous repartirons le 1er avril pour San Martin des los Andes a 200 km plus au nord.

vendredi 26 mars 2010

Los Antiguos - 25 au 27 mars

Nous sommes partis le 25 mars a 9h du matin de El Chalten et sommes arrives a 22h a Los Antiguos, un bourg de 5000 habitants situe sur les rives du Lago Buenos Aires, a seulement 10 km de la frontiere chilienne ; le lac etant a cheval sur les deux pays. La Ruta 40 sur ce tronçon est une piste de gravier qui traverse des paysages de steppe patagonienne tres aride, quasi desertique. On a du croiser en 11h de trajet, seulement une dizaine de vehicules... Par contre on a encore vu plein de guanacos (lama des Andes), ñandus (autruche des Andes), et on a meme vu un zorro (renard des Andes, c est tres rare de les voir) ainsi qu un petit animal inconnu pour nous jusqu alors : un pinche. La route n en finissait pas et elle est d autant plus longue qu elle n est pas goudronnee... En quittant El Chalten, la vue sur le lago San Martin etait superbe, ensuite un paysage de steppe semblable sur des km. En arrivant vers los Antiguos, le relief change en faveur de vallees profondes et de canyons. Depuis qu on est en Patagonie on est emerveille par la couleur du ciel. Quand il est bleu, le bleu est tres clair. Les nuages sont translucides et ont des formes vraiment particulieres : on dirait des soucoupes volantes ou bien des ressorts... et il semblent flotter dans le ciel.
Los Antiguos est une oasis de verdure dans le paysage aride qui l entoure. Le bourg est celebre pour sa production de fruits rouges dans les chacras, ou exploitations familiales, que l on peut visiter. En particulier, Los Antiguos est notre Bessenay puisque c est la capitale de la cerise dont la fete nationale est celebree chaque annee au mois de janvier.
On a passe une super journee dans la chacra du Señor Padilla, qui etait le proprietaire de l auberge ou nous dormions. 12 ha de terrain en pleine nature sur lesquels il cultive des legumes : ail, betteraves, petits pois... il a aussi des arbres fruitiers, des moutons, des chevaux de course et des porcs. On est arrive en touristes pour visiter la chacra, et nous sommes repartis en amis. Monsieur Padilla a prepare dans la cuisine de sa petite cabane un super ragout de mouton (lequel venait d etre depece tete en bas) avec pommes de terre et carottes. Des amis sont venus se joindre a nous avec un sac plein de morceaux de poulet qu ils ont cuisines sur un barbecue improvise avec sauce tomate, oignons, et creme fraiche... Le tout accompagne d une bonne bouteille de vin rouge. Un regal, et une journee bien differente des autres dans une ambiance nature et famille. Le Señor Padilla nous a explique la difference entre estancia et chacra. La premiere fait au moins 1000 ha et inclut de l elevage intensif ovin et/ou bovin. Les chacras sont plus petites et la priorite est donnee a la culture familiale.




Un signe particulier a noter chez les Argentins : leur consommation permanente de mate, une boisson qu ils confectionnent en mettant des feuilles sechees dans une espece de timbale speciale appelee bombilla, avec de l eau chaude et ils boivent avec un truc ressemblant a une pipette. On les voit donc tout le temps, dans les magasins, dans la rue... y compris le chauffeur du bus, avec leur thermos d eau chaude a la main et leur sachet de mate. Dans l ensemble, on a un bon contact avec les Argentins, ils sont aimables, sans doute moins avenants et chaleureux que les Chiliens ; en tout cas moins curieux et plus indifferents vis a vis de nous.

Nous ne ferons qu une courte etape a Los Antiguos et continuerons de remonter la Ruta 40 des demain 27 mars en direction de San Carlos de Bariloche.

dimanche 21 mars 2010

El Chalten - 19 au 25 mars

Situe a 3h30 de bus au nord de El Calafate, El Chalten est une drôle de petite ville de 500 âmes, construite en 1985, dédiée aux trekking et a l alpinisme (on dit ici andinisme, évidemment). Plus qu une ville, El Chalten est un patchwork de maisons qui semblent avoir été posées la, au pied des montagnes, les unes a cote des autres, au hasard, sans unité. Mais ce qui fait la renommée d El Chalten, c est sa position au nord du Parc National de los Glaciares, prés du lac Viedma et au pied des célèbres sommets Fitz Roy et Cerro Torre. De nombreux alpinistes se sont attaque a ces aiguilles de granit réputées infranchissables malgré leur faible altitude. Plusieurs y ont laisse leur vie. Le Fitz Roy, 3400 m environ a ete conquis par une expédition franco-argentine en 1954 ; le Cerro Torre en 1974.

En venant a El Chalten, le bus s est arrête dans ce qu on pourrait appeler une auberge de grand chemin, La Leona, de renommée historique. Elle aurait abrite en 1905 Bud Cassidy, son acolyte Sundance Kid et sa femme, après qu ils aient dévalise une banque a Rio Gallegos. La Leona située en pleine steppe face a la tumultueuse rivière du même nom servait surtout de poste avance pour les eleveurs qui se déplaçaient avec leur bétail. Le bâtiment rénove a aujourd'hui des allures sympas de ranch de gauchos. La vue en arrivant sur El Chalten est tellement grandiose qu elle en est émouvante : la chaine de montagnes enneigées avec tous les sommets et les pics de granit et au premier plan le lac Viedma d un bleu profond. El Chalten s est auto proclamée capitale nationale du trekking. Plusieurs sentiers de randonnées permettent de s approcher des nombreux glaciers -qui font tous partie du Champ de glace patagonien- et des aiguilles Fitz Roy, Poincenot et Cerro Torre.
On a fait plusieurs rando a la journée :
La première en 6h aller-retour jusqu'au Lago Torre avec des points de vue sur le Cerro Torre (malheureusement partiellement couvert par les nuages), et sur un autre massif au sommet enneige -le Cerro Solo que l on voit deja du village- et le Glacier Grande. Un magnifique condor est passe au dessus de notre tete avant de continuer son envol dans les profondeurs des montagnes.
Pour la deuxieme rando nous avons suivi l itinéraire des Lacs Madre e Hija, sans difficulté, en 6h AR. Le sentier passe a l aller devant le lac Capri et fait une boucle permettant une superbe vue sur les glaciers de Los Tres. Le ciel était couvert et le vent violent ; la région est réputée pour ses conditions climatiques qui peuvent être extrêmes. On a vu et pu photographier de pres des pics-verts, l un avec la crête rouge, l autre avec la crête noire. Ils semblaient s attaquer avec rage au tronc d arbre sur lequel ils étaient accroches !
Hier, le soleil était de retour : on en a profite pour monter jusqu au Lago de los Tres pour s approcher du Fitz Roy en 8h aller-retour. Le sentier passe a nouveau devant la laguna Capri, on a un très beau point de vue sur les lacs Madre e Hija en contre bas. La dernière heure grimpe pas mal et la vue a l arrivée du Fitz Roy est sublime : au premier plan le lago de Los Tres, surmonte de l aiguille Fitz Roy et a sa gauche de nombreux autres pics dont le Poincenot. En contre bas, la laguna Sucia.

El Chalten village



Trek Laguna Torre



Trek Fitz Roy




Voyager en Argentine n est pas donne, en tout cas ici en Patagonie. Les bus sont moins bien qu au Chili et assez chers. Heureusement, cote nourriture, on trouve un peu plus de choix qu au Chili. Même si de la même façon, le mot légume ne fait pas partie du vocabulaire culinaire argentin, on trouve facilement des salades de crudités dans les menus. Car l Argentine est vraiment le pays de la viande avec tous ses elevages intensifs. Il y a un mot savant pour designer chaque morceau de viande, difficile de s y retrouver entre lomo, carnero, cordero, bife, salchichas a ceci ou cela... mais elle est très tendre et generalement bien cuisinee a la parrilla souvent (cuite a la braise) ou a la plancha (au beurre) accompagnée évidemment de... pommes de terre. Autre plat délicieux : les guisos qui sont cuisines au four et servis dans des plats individuels en terre cuite. On a particulièrement aime le guisos de lentejas (lentilles, lard, saucisse, pommes de terre et morceaux de carottes) ; il y aussi les guisos a la viande, aux tripes...

Les Argentins sont tres difficiles a comprendre. Ils ont un fort accent qui est loin du castellano : en particulier ils prononcent j la double lettre ll et le y (yo me llamo devient jo me jamo) et ne distinguent pas les sons S ou Z. Il faut donc s accrocher pour comprendre d autant qu ils parlent super vite. Mais bon, on s y fait !

Prochaine étape sur la Ruta 40, demain 25 mars en direction de Los Antiguos, a 13h de route d El Chalten. Les distances en Argentine sont immenses...

jeudi 18 mars 2010

El Calafate et glacier Perito Moreno - 16 au 19 mars

El Calafate est situe a 320 km au nord ouest de Rio Gallegos et il nous a fallu 4h de bus pour arriver. Nous étions assis au 1er rang au 2eme étage du bus et avons pu a loisir admirer le paysage de la fameuse Ruta 40 qui démarre justement a Rio Gallegos en Patagonie et qui remonte jusqu’à l extrême nord de l Argentine. C est cette route que nous allons remonter étape par étape. Aucun relief, extrême aridité de la steppe, quelques touffes d herbes ou de buissons malmenées par le vent. De temps a autre une pancarte fléchée indiquant la présence d une estancia, au bout d un chemin de terre improbable, avec un portail en bois au milieu de nulle part battant au rythme du vent. Pas mal de petites autruches patagones sautillant avec leurs fines pattes de part et d autre de la route. Et au bout de 3h derrière une colline, apparait soudain la Cordillère des Andes dont les sommets enneiges entaillent le bleu du ciel. Et au premier plan, le Lago Argentino. On se rapproche,... voici la petite ville d El Calafate au bord du lac.

El Calafate est la porte d'entrée du Parc National de Los Glaciares -dans sa partie sud- dans lequel est situe le célèbre glacier Perito Moreno. Nous avions rencontre a Rio Gallegos Jacinta et Adam, un couple d Australiens de Sydney qui voyage pour un an et qui visite le Chili et l Argentine en voiture. Comme ils n avaient pas les papiers nécessaires pour passer la frontière chilienne avec le véhicule et descendre comme prévu a Ushuaia, on les a retrouves ici a El Calafate. Du coup, on est alle voir hier avec eux le glacier Perito Moreno. Le Parc de Los Glaciares est situe a environ 60 km a l ouest d El Calafate. La route pour y aller est magnifique. On suit le Lago Argentino qui s enroule autour de la péninsule de Magallanes. Avec ses 1600 km2, ce lac est le plus grand d Argentine et le 3eme d Amérique du Sud. On est émerveille par le glacier Perito Moreno des qu on commence a l apercevoir de la route. Une série de passerelles et de balcons a plusieurs niveaux permet de s en approcher de prés. Que dire de ce spectacle a couper le souffle... On a pique nique face au glacier et on est reste toute l'après midi a l écouter et a l observer (l après midi c est le meilleur moment car les excursions en bus viennent le matin, l après midi il n y a plus grand monde). Car le Perito Moreno vit : la glace se forme en altitude a 2000 m mais il ne grandit pas, sa masse reste stable car des pans de glace chutent régulièrement de la paroi dans un fracas assourdissant. Parfois, la glace fond par dessous et c est extraordinaire de voir remonter a la surface, comme une énorme baleine, d'énormes morceaux de glace qui partent ensuite a la dérive, comme des icebergs. Le Perito Moreno appartient au champ de glace patagonien de 900 km de long, partage entre Chili et Argentine, et qui compte 48 glaciers, dont le Pio XI que nous avions vu depuis le bateau de Navimag lors de notre traversée entre Puerto Montt et Puerto Natales (voir partie sur la traversée Navimag dans 15-Chili). Quant au Perito Moreno, il mesure 15 km de long sur 5 de large et la hauteur au dessus du niveau de la mer peut atteindre 60m. Une simple merveille.
Sur le Lago Argentino au pied de El Calafate, de nombreux oiseaux et des flamants roses. Ce 18 mars, nous allons nous balader dans El Calafate. Il n y a qu une rue centrale, bien tranquille avec des boutiques, des restos...


Nous continuerons a remonter la Ruta 40 demain 19 mars pour aller jusqu'a El Chalten, situe cette fois au nord Parc de los Glaciares.

lundi 15 mars 2010

Rio Gallegos - 14 au 16 mars

On a fait escale a Rio Gallegos, capitale de la province de Santa Cruz, située sur la cote Atlantique a l embouchure du Rio Gallegos. La ville vit essentiellement de l élevage des moutons et de son activité portuaire. Il n y a pas grand chose a faire ni a voir a Rio Gallegos mais il nous a fallu 13h de bus pour arriver déjà jusqu'ici depuis Ushuaïa. On s est donc arrêté pour une courte etape avant de repartir demain 16 mars pour El Calafate cote Cordillère des Andes.

Le trajet depuis Ushuaïa a ete tres long, on est parti a 5h du matin sous un froid polaire. On a retraverse les montagnes et passe le col au dessus du lac Fagnano sous la neige qui recouvrait même la route ! Puis a nouveau les décors de steppe et les guanacos, la longue route non goudronnée cote chilien, le changement de bus a Rio Grande, la traversée dans l autre sens du détroit de Magellan... Comme il n y a qu une route qui mène au bout du monde, il n y en a qu une et la même pour remonter, forcement ! Le pire a été l attente aux postes frontières : car il faut quitter l Argentine pour rentrer au Chili, en ressortir et de nouveau rentrer en Argentine. Et oui, la Terre de Feu est divisée entre les 2 pays qui se chamaillent toujours sur leurs frontières. Rien n est donc fait pour nous faciliter le passage de l un a l autre. Chaque fois, attendre, descendre du bus, faire la queue, remplir les papiers d immigration, faire tamponner son passeport... Le pire est pour rentrer au Chili (alors qu on allait en sortir quelques km plus loin), il a fallu passer les bagages au scanner car les douaniers font la chasse aux produits agricoles : il ne faut surtout pas transporter de fruits et autres denrées alimentaires sous peine d amende. Même les chiens sont de la partie pour renifler !

samedi 13 mars 2010

Ushuaia - 10 au 14 mars 2010

Ca y est, comment y croire ? Nous sommes a Ushuaia, la celebre Ushuaia situee dans la partie argentine de la Terre de Feu, la ville la plus australe du monde, la ville du bout du monde... et tous les gadgets vendus ici sont la pour nous le rappeler. On est content, c est peut etre idiot, mais c est comme une petite victoire personnelle, comme si nous etions nous aussi explorateurs, a notre facon. Ushuaia, Terre de feu, detroit de Magellan... des noms qui nous faisaient rever petits sur les tableaux noirs de l ecole primaire et aujourd hui nous y voila.
Ushuaia est situee sur le Canal de Beagle long de 185 km -qui doit son nom au bateau de Charles Darwin venu ici lors de son tour du monde de 1831 a 1836- qui permet de relier les oceans Atlantique et Pacifique. Ushuaia est aussi le point de depart des excursions vers le Cap Horn dont nous ne sommes qu a 150 km et vers l Antartique a 1000 km. Dommage que ce soit si cher ! genre 3000 US dollars pour quelques jours...
Face a Ushuaia de l autre cote du Canal de Beagle -donc cote chilien-, Puerto Williams qui comme son nom l indique n est qu un port et donc ne peut rivaliser avec Ushuaia sur le statut de ville la plus autrale, au grand dam des Chiliens...
On avait tellement lu sur les forums de voyages qu Ushuaia etait moche, qu on na pas ete decus. Au contraire, finalement on l a trouvee moins moche que prevu et on lui a meme trouve du charme, enclavee entre les montagnes et le Canal. Ses rues sont tres pentues ; San Martin est la rue principale avec restaurants, le Casino, plein de boutiques de souvenirs.
On a trouve a se loger dans une cabaña tout equipee sur les hauteurs de la ville. C etait pas le grand luxe mais le prix par personne etait celui d un lit en dortoir dans une backpacker, et au moins on avait l impression d etre chez nous dans ce petit chalet en bois. Et oui, les prix explosent au bout du monde !
On a eu mauvais temps les 3 jours ou nous sommes restes a Ushuaia et la meteo annoncait encore de la pluie et du vent glacial pour les semaines a venir. Il a meme neige au dessous de 1000m sur les montagnes autour de la ville. Pourtant l hiver demarre normalement en mai ici. Ce mauvais temps a donc limite nos activites : on a essentiellement fait un tour en bateau sur le canal de Beagle et une balade dans le parc de la Terre de Feu.

On a pris un petit bateau d une vingtaine de personnes pour 4h de navigation sur le Canal de Beagle : on vu des milliers de cormorans sur la isla de los pajaros et des centaines de lions de mer (especes particulieres d otaries) sur la isla de los lobos ! Quel beau spectacle ! Le froid n avait nullement l air de les deranger. Ils s installent sur l ile pour se reposer et se reproduire, l endroit est un veritable refuge pour ces colonies de mammiferes marins. On a aussi croise au large du fameux phare des Eclaireurs de couleur rouge et blanc plante sur un rocher en plein canal et associe a Ushuaia du bout du monde.
Le Parc de la Terre de feu est quant a lui magnifique : situe a 12 km a l est d Ushuaia, des bus s y rendent regulierement en moins d une heure. De facon surprenante, le parc est tres boise et vert : il abrite une foret d arbres andino-patagoniques, la plus australe du monde dans un relief de montagnes abruptes. Le parc est aussi rempli de lacs et de cours d eau et on y voit meme des barrages de castors, tres nombreux dans le parc et qui font des degats... Plein de sentiers de randonnee et notamment vers la magnifique baie de Lapataia d ou on domine le Canal de Beagle. Ushuaia, nous on a bien aime...



Canal de Beagle



Nous partons le 14 mars pour Rio Gallegos sur la cote Est de l Argentine et demarrons donc notre remontee vers le nord tout doucement.

vendredi 12 mars 2010

Punta Arenas - du 8 au 10 mars

Punta Arenas, capitale de la patagonie chilienne est a 3h de bus de Puerto Natales. C est une ville assez grande de 150 000 habitants, tres commercante. Sa renommee vient du fait qu elle est situee face au celebre Detroit de Magellan decouvert par le Portugais Ferdinand de Magellan en 1520. Punta Arenas a ete pendant tres longtemps le principal port de navigation entre les oceans Pacifique et Atlantique, jusqu a la construction du Canal de Panama en 1914. Face a Punta Arenas, la ville de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne situee a 2h30 de bateau, que l on apercoit a peine.
Punta Arenas a une zone franche mais on n a pas trouve de bonnes affaires. Nous ne sommes restes que 2 nuits avant de partir pour notre derniere destination en direction du sud : Ushuaia.

De Punta Arenas a Ushuaia
11 h de bus separent les deux villes. Le bus prend la route du nord le long du detroit de Magellan pour le traverser au niveau de Punta Delgada dans sa partie la plus etroite : 20 mn de traversee sur un bac. La route ensuite n est meme plus goudronnee jusqu a la frontiere argentine ! On ne pensait pas aller a Ushuaia par un chemin de terre etroit... on est secoue !! Les paysages sont ceux de la pampa sur des km, avec des troupeaux de moutons, de boeufs, des estancias (grandes proprietes agricoles) car la region vit de l elevage. On voit aussi plein de guanacos (cousins des lamas), des oiseaux, des lacs... On a passe la frontiere argentine a San Sebastian, tres cool en pleine pampa, puis on change de bus a Rio Grande. A environ 150 km au nord d Ushuaia, le paysage change completement. La pampa fait place a la foret et petit a petit on s approche d une chaine de montagnes aux sommets enneiges que l on traverse par une route sinueuse. L immense lac Fagnano qui s etire sur 98 km de long se decouvre, on apercoit meme un barrage de castors. La route tourne et tourne encore, le decor est quasi alpin ! En fait, ces montagnes sont ni plus ni moins que la fin de la Cordillere des Andes. Nous arrivons a Ushuaia en fin de journee, surpris que la ville soit ainsi dans une baie au pied de montagnes et de glaciers, on ne s y attendait pas !...
Suite dans la partie 16 - Argentine du blog

mardi 2 mars 2010

Trek du W dans le Parc Torres del Paine 4 jours - 3 au 6 mars

Situe a 150 km au nord de Puerto Natales, le Parc Torres del Paine a ete declare reserve de biosphere par l UNESCO en 1978. C est le parc le plus connu et le plus couru du Chili, avec au centre le massif du Paine, massif de granit compact comprenant les Torres et les Cuernos et des glaciers. Il s est forme independemment de la Cordillere des Andes.
Les treks mythiques, comme celui du W a Torres del Paine, ont une reputation qui les precede. On en attend donc beaucoup, beaucoup. On a ete bien-sur enchantes de realiser ces 4 jours de trek mais notre emerveillement n a peut etre pas ete au niveau de celui du trek dans le parc de Villarica. En fait, on apprecie un trek non seulement pour ses paysages mais aussi pour ce qu on peut appeler "l esprit du trek" (conditions de campement, gens que l on rencontre ou pas, l ambiance globale...) Sur le W, il y a du monde, beaucoup trop de monde. On est tranquille sur les sentiers car chacun a son rythme mais dans les campements, nous nous retrouvons tous au meme endroit. Il est possible de faire le trek du W en mangeant et dormant dans des refuges gardes (en reservant a l avance). Nous avons prefere le faire en autonomie meme si cela exige de porter de plus gros sacs a dos. Le denivele global du trek reste modere meme si il y a parfois de fortes montees et descentes ; pour qui a un peu l habitude de la randonnee, il n est pas difficile et les sentiers sont bien indiques. Comme il faisait tres beau le jour ou nous sommes partis et que cela ne dure jamais tres longtemps en Patagonie, on nous avait conseille de faire le trek d Est en ouest pour monter voir les Torres sous le soleil, et c est ce que nous avons fait. Ceci dit on a eu de la chance puisque nous n avons pas eu un seul jour de pluie ni de vent. Retour sur ces 4 jours/3 nuits de trek.

Jour 1 : On a pris le bus a 7h30 de Puerto Natales ; il a fallu 2 bonnes heures jusqu a l entree du Parc Torres del Paine. Les paysages le long de la route sont tout simplement magnifiques. C est un peu les paysages que l on s attend a voir en Patagonie : une route toute droite, partiellement goudronnee avec de part et d autre des km de steppes et pampas aux touffes d herbes jaune clair ou vert. Et partout, des dizaines de guanacos -animal de la famille des lamas- tranquillement perches sur leurs fines pattes et regardant au loin l etendue de pampa qui est leur domaine. On a aussi vu un ñandu, animal qui ressemble a une autruche. En arrivant vers le parc, la vue sur les Torres, ces 3 pics de granit de 1800 a 2200 m de haut, se detachant avec arrogance sur le ciel bleu azur est epoustouflante. Au premier plan, les lagunes dont le bleu concurrence celui du ciel. C est l une des plus belles vues du parc et des Torres que l on puisse avoir. Malheureusement, on ne peut pas demander au bus de s arreter pour prendre des photos ! De l entree du parc, il faut prendre un autre mini bus pour aller jusqu a l hostal et le campement de las Torres pour demarrer le trek. Il nous a fallu 2h de marche pour atteindre le campement El Chileno ou on a plante la tente et rempli nos estomacs. Petit campement, peu de place pour s installer... On est ensuite monte au mirador des Torres. La derniere partie est la plus difficile : on monte dans le sable, les graviers et les eboulis. Une bonne grimpette au sommet de laquelle on a un superbe point de vue sur les fameuses Torres qu on a l impression de pouvoir toucher. Des neves, un lac vert a leurs pieds. On a regagne le campement il etait deja 19h. On s est fait un bol de riz avec du thon avec notre super rechaud qui nous suit de trek en trek. Heureusement les jours sont longs, le soleil se couche vers 20h mais il ne fait pas nuit avant 21h.

Jour 2 : Du campement El Chileno, on a atteint le Campement Los Cuernos en 6h environ, l etape etait plus longue que prevu. L itineraire longe le lac Nordenskjold sur la gauche. C est un peu monotone au debut puis la vegetation et les paysages deviennent plus interessants en milieu de parcours. Sur notre droite, les Cuernos -sommets de granit en forme de cornes de 3 couleurs differentes- se decouvrent. Nous camperons dans les bosquets, au pied des Cuernos, avec une superbe vue sur le glacier des Francais dont les seracs se detachent regulierement dans un vrombissement de tonnerre.

Jour 3 : Notre nuit a ete tres difficile car perturbee par des souris -le raton de Patagonie- qu on a entendues gratter sous le auvent de la tente toute la nuit. Galere car on s est apercu en se levant qu elles ont fait 2 trous de 1cm dans la toile de tente et d autres plus petits !!! Pourtant on avait, comme d habitude, suspendu la nourriture dans les arbres. Heureusement on a de quoi reparer la tente. On est donc partis pour notre 3eme journee avec des poches sous les yeux, en direction du campement Italien. Le campement est triste et sombre sous les arbres, plein de moucherons... On y a depose nos sacs pour faire l aller-retour dans la Vallee des Francais (toute l Europe reunie dans les noms...). Jolies vues sur des glaciers dont le glacier des Francais qui semble tout proche. On a eu le plaisir de croiser Anne Laure et Nathalie qu on avait rencontrees sur le bateau de Navimag et qui faisaient le trek dans l autre sens. La nuit precedente, elles s etaient fait piquer leurs 2 sacs de reserve de nourriture laisses a l interieur du refuge Paine Grande. Galere pour elles, comment peut on avoir un tel etat d esprit en trek pour voler la nourriture des autres ?... En redescendant de la Vallee, on a recupere nos affaires puis on a continue le sentier jusqu au campement Paine Grande situe au bord du lac Pehoe d ou partent les catamarans pour Pudeto, de l autre cote. Le camping est sympa et les emplacements sur de l herbe pour une fois. De notre tente, on avait une super vue sur le lac et les Cuernos.

Jour 4 : Les souris ont encore gratte toute la nuit. Sales betes ! mais pas de nouveau trou dans la tente, chic et ouf ! Il a plu durant la nuit, mais le ciel s est degage dans l apres midi. L itineraire est tres beau depuis le campement, il monte doucement au debut, puis plus pour atteindre le lac Grey puis le glacier Grey. Comme le Pio XI que l on avait vu du bateau, le glacier Grey est situe dans le champ de glace patagonien. En chemin, on a eu la chance de voir une sorte de daim : un huemul. Un premier mirador d ou on voit le glacier au fond du lac et puis on longe le lac pour s en approcher. Le glacier est comme coupe en 2 par un rocher appele la Isla. 8h aller-retour environ. On demonte la tente, on range les sacs et direction l embarcadere pour prendre le dernier catamaran de 18h30 pour traverser le lac Pehoe. La vue sur tout le massif Paine est superbe : les Torres, les Cuernos, le glacier des Francais... les couleurs du ciel entre bleu et gris. Arrives de l autre cote du lac, a Pudeto, on prend le dernier bus pour quitter le parc et rentrer sur Puerto Natales. On est arrive a notre hospedaje vers 22h. Une bonne nuit de sommeil dans un bon lit et sans souris !

Aujourd hui 7 mars on a lave le linge et surtout on a fait la grasse matinee ! On s est dit qu au fond on se leve toujours tres tot depuis le debut de ce voyage : pour un train, un bus a prendre ou un trek a demarrer, on est regulierement debouts vers 6h ou 6h30. Alors ce matin on a dormi jusqu a 10h ! Mais en fait c est vrai qu on n aime pas non plus rester au lit trop tard car on veut tellement toujours profiter de nos journees !!



Vidéo Trek du W


Trek du W - Chili par CombiPat

Musique sur http://www.jamendo.com
- Greendjohn - 1,2,3,piano
- Indian spirit by Zero Project - Warrior's honor


Demain 8 mars on part pour Punta Arenas, capitale de la Patagonie chilienne a 3h au sud de Puerto Natales.

Traversee jusqu en Patagonie Sud avec Navimag - 26 fevrier au 1er mars

Le titre de notre blog a tenu ses promesses ! des chemins de l Himalaya, nous voila en Patagonie Sud depuis le 1er mars après midi. Nous sommes partis de Puerto Montt le 26 février a 16h30 et avons atteint Puerto Natales hier 1er mars a 15h. Étant donne qu aucune route cote chilien ne permet de faire la liaison directe jusqu a Puerto Natales, la seule alternative a la traversée de Navimag est le passage par l Argentine. C est d ailleurs comme ça que nous remonterons.
Nous avons appris le 27 février par l'équipage alors que nous déjeunions, la terrible nouvelle du tremblement de terre qui a secoue le pays a 5 h de ce même matin. Nous n avons absolument rien senti dans le bateau, nous avons eu la chance d avoir du beau temps 2 jours sur 3 et la mer, les canaux, les fjords que nous avons traverses ont été très calmes. Beaucoup de dégâts dans des villes, villages et regions ou nous étions il y a si peu de temps. Ici les gens sont tristes et solidaires avec le reste du pays ; la télévision diffuse des images 24h/24 et tout le monde ne parle que de ça, la gorge serrée. Les répliques continuent du cote de Concepcion, apparemment ce n est pas fini. Merci en tout cas a tous ceux qui ont pense a nous et qui nous ont envoyé des messages. Nous allons continuer notre voyage...

Nous sommes super ravis de la traversée que nous venons d effectuer et même si a bord du bateau cargo Evangelistas ce n est pas le grand luxe, c'était bien loin des conditions spartiates auxquelles on s attendait. Le bateau ne transportait pas de bétail cette fois, uniquement des cargaisons, des camions, des voitures... Nous avions une cabine de 4 personnes que nous avons partagée avec un couple de Brésiliens très sympa. Le tout était d avoir des horaires décales pour se lever, se coucher ou ouvrir les sacs car impossible de tenir a 4 debout dans la cabine... Heureusement il y avait de grands compartiments pour ranger les sacs et faire de la place. Des rideaux accroches a chaque lit permettait un peu d'intimité. Les sanitaires communs étaient nettoyés régulièrement et franchement c’était plutôt propre. Ceci dit pour ceux qui veulent mettre plus cher, il y a des cabines a 2 et certaines avec sanitaires prives. Mais il y a aussi la version dortoir et certains lits même dans les couloirs. Nos journées étaient rythmées par les horaires des repas bien précis : 8h le petit dej -pas question de faire la grasse matinée-, 12h30 le repas de midi et 19h30 le diner. Les repas étaient servis sous forme de buffet tout a fait corrects. A 9h30, il y avait toujours la réunion d info du matin, cartes a l appui sur la ou nous étions et ce que nous allions voir dans la journée. L'après midi des info pédagogiques sur la faune; la flore de Patagonie, les glaciers... Franchement c'était très bien et comme on a eu la chance de ne pas avoir trop de mauvais temps, on a passe la plupart du temps sur le pont a admirer les paysages et a discuter avec les uns et les autres. La traversée descend donc par les eaux intérieures chiliennes entre canaux et fjords, le plus etroit faisant seulement 80m de large. A un moment, le bateau doit passer pendant 7h environ en plein Pacifique avant de rejoindre les eaux intérieures au niveau du golf de Penas. Généralement ca remue pas mal sur le Pacifique : on a senti plus de mouvement bien sur mais cela ne nous a pas donne le mal de mer ! Pendant la traversée, les paysages sont assez verdoyants et en second plan, on peut voir de nombreux sommets de la Cordillère et des glaciers. Le plus beau restera la vision du glacier Pio XI : le bateau fait un détour pour nous emmener le voir en fond de fjord et on a pu s en approcher a moins de 300 m ! Situe dans le Campo de hielo patagonien (champ de glace entre Chili et Argentine qui compte 48 glaciers), c est le plus grand glacier du monde en dehors de ceux des pôles et du Groenland. 15km de long sur 100 m de hauteur en moyenne, il est 9 fois plus grand que le Perito Moreno en Argentine. Plus on s approchait plus sa couleur était bleu et c'était magique, c etait comme si on pouvait le toucher. A la vue de tant de beauté, on se sent petit et tellement humble. A cause de la température, la mer était devenue verte a l approche du glacier. Le Pio XI est le seul glacier qui, n ayant pas encore atteint sa taille critique (ce serait l une des explications), continue d avancer. Le Perito Moreno lui aussi avance toujours mais il se casse au fur et a mesure. Autre grand moment de la traversée : les nombreux dauphins que l on voyait régulièrement sauter de part et d autre du bateau ou devant. Ils sont super gros et de couleur noire et blanche (on les appelle ici Toninos) ; beaucoup d oiseaux aussi et des colonies d otaries tranquilles sur les rochers. Et puis il a eu l arrêt a Puerto Eden situe dans le parc national de Bernardo O Higgins : le bateau a jeté l ancre et on a débarqué en canoé au petit village de pécheurs de Puerto Eden : maisons sur pilotis -certaines-, bateaux de peche uses par la mer. Un petit village perdu dans les fjords, a plusieurs heures de mer des villes. C est souvent au Chili qu on a cette impression de bout du monde et pour cause !

Puerto Natales est une petite ville de moins de 20 000 habitants, située au bord du bras de mer Ultima Esperanza, plutôt tres agréable et tres tranquille. On aime bien. Maisons basses et colorées, quelques magasins de sport puisque c est la porte d'entrée du Parc national Torres del Paine. En arrivant en bateau, on a l impression d une ville située en plein désert et entourée de montagnes. Encore une impression de bout du monde...



Nous partons demain 3 mars pour plusieurs jours de randonnee en autonomie dans le Parc Torres del Paine ou nous allons effectuer le trek appele "W" puis nous reviendrons a Puerto Natales ou nous allons laisser des affaires.

La Patagonie menacée

Avec plus de 12 millions d hectares de zones protegees, la Patagonie chilienne est l une des regions les plus sauvages du monde. Elle est cependant menacee. Par le changement climatique : sur les 48 glaciers, 46 sont en recul, un reste stable -le Perito Moreno- et un seul, le Pio XI, continue d avancer et constitue une anomalie pour les chercheurs. Les fjords et glaciers de Patagonie sont aussi menaces par l elevage du saumon : le Chili est le 2eme producteur mondial derriere la Norvege. Les cages de saumon sont situees dans la reserve nationale las Gaitecas que l on voit du bateau de Navimag d ailleurs (au sud de l ile de Chiloe) : l aquaculture intensive detruit les equilibres marins, la zone est desormais polluee par les dechets des poissons qui sont en plus atteints par un virus. Pour les entreprises qui exploitent le saumon, il suffit de deplacer l elevage dans des eaux propres, plus au sud... Autre menace : les projets de construction de barrages hydrauliques pour alimenter le pays en electricite qui detruiraient l ecosysteme et necessiteraient l implantation de 1600 km de lignes electriques jusqu a Santiago. Depuis Pinochet, les droits sur les principales rivieres sont prives ou appartiennent a des compagnies etrangeres... Pendant ce temps, les colonies de phoques et les baleines qui frequentaient les fjords sont en constante diminution. Quand on a vu de telles beautes devant soi, comment rester insensible a toutes ces menaces ? Comment passer son chemin sans rien dire et rester indifferent ?... tandis que le paysage est serein, ailleurs le monde s agite et risque de briser cette fragile tranquillité.




Nous avons embarqué sur le ferry Evangelista de la compagnie NAVIMAG pour un trajet de 4jours/3 nuits entre Puerto Montt et Puerto Natales. Les paysages que l’on traverse sont sublimes et différents tous les jours. On navigue au milieu des fjords et des montagnes enneigées, dans des décors grandioses et totalement inhabités. Rencontrer des dauphins, des loutres et des phoques ; profiter du soleil et papoter pendant des heures en regardant défiler les étoiles par -5 degrés ; admirer d'inoubliables couchés de soleil... Le bateau s'arrête à Puerto Eden, village au milieu d'une baie peuplée de pêcheurs. Nous nous sommes rapprochés du glacier Pio XI qui fait partie de l'ensemble des glaciers qui composent le champ de glace Sud de Patagonie. C'est le plus important des glaciers de la zone avec ses 1 265 km2 de superficie. MAGNIFIQUE... 

Musique de : David Schombert - Hommage